Bouche à oreille : comment dès lors accepter que le coeur de son enfant batte dans le corps d’une autre personne?

Par 11 septembre 2015 à 09:07

Le réveil sonne, il est 5 h 50 du matin. Une vague gigantesque est annoncée. Le jour se lève lorsque les jeunes surfeurs entrent dans l’eau. Au retour, accident fatal pour Simon. 24 h plus tard, le coeur de Simon se remet à battre dans le corps de Claire, 50 ans. Entre deux, il y a l’annonce aux parents : « Simon est cliniquement mort ». Pourtant son coeur bat, aidé de la machine. « Sa peau est chaude encore et c’est bien son odeur ». Demander aux parents terrassés par la douleur s’ils acceptent le prélèvement d’organes. Une profanation en quelque sorte. M. de Kerangal ne donne pas de réponse aux questions que pose le prélèvement d’organes mais elle les suggère avec lucidité. Ainsi le coeur, plus qu’un simple organe, reste-t-il le centre symbolique des émotions ? Comment dès lors accepter que le coeur de son enfant batte dans le corps d’une autre personne ?

Patricia, bibliothécaire du site Riponne