La bataille des éperons d’or

"Ma vie nul ne la prend mais c'est moi qui la donne. Chaque jour je parcours des distances infinies qui me font traverser les anciennes frontières. Mon but ? Aller voir comment fonctionne le monde. J'en reviens à chaque fois brisé. L'état de guerre n'en finit pas. À terre les corps encore, copeaux de chair, lourds sacs, déserteurs aux membres las. Alors que du ciel, le soleil noir, le soleil, aveuglé, tente de s'extirper. Tremblements. La consigne est toujours la même: pas de prisonniers ! Alors le glaive ! Mais que ferai-je de ma vie lorsqu’il sera devenu noir de sang? Dois-je l'avouer ? Je suis désespéré et me retrouve quoi? Enfant ! Que s'est-il passé, autrefois que je n'ai pas compris, jamais admis. Pourquoi ce sang? Le rouge, couleur du combat mené contre les forces du Malin. Mais que les mots parviennent jusqu'à moi. Ils deviendront nos alliés."

Franck Venaille a choisi de nous emmener loin dans le temps et l’espace pour nous parler d’un sujet qui le hante depuis longtemps. La bataille des éperons d'or est pleine encore des images de la guerre, comme l’étaient Chaos, Ça et C'est à dire de la guerre vécue, celle d’Algérie. Sous les variations des vers et de la prose, dans un style intact, il donne à entendre un tragique sourd et continu que viennent illuminer, par intermittences, des éclairs de beauté foudroyants.