L'Imaginaire médiéval

Si toute société, toute époque a son imaginaire, certaines semblent en receler plus que d'autres ou lui donner une importance plus grande. Ainsi en allait-il des hommes et des femmes de l'Occident médiéval. Immergés dans un monde de réalités cachées qu'ils considéraient comme plus réelles et plus vraies que celles saisies par leurs sens extérieurs, ils se nourrissaient de cet imaginaire que leur fournissaient les sens intérieurs dont l'Église leur enseignait qu'ils leur apportaient les messages de Dieu - à moins que Satan ne se fût glissé en eux.
On verra ici, dans ce «long» Moyen Âge qui pour Jacques Le Goff aborde jusqu'à nos rivages, l'univers multiple et conflictuel du merveilleux, les images de l'espace et du temps de l'ici-bas et de l'au-delà, les représentations du corps et leur saisie par l'idéologie, les codes symboliques et les métaphores littéraires qui ont permis de penser le monde et la société. Les attitudes à l'égard des rêves fournissent un observatoire privilégié : d'une Antiquité passionnée par l'oniromancie, comment est-on passé à la révolution répressive que le christianisme a fait subir à l'interprétation des rêves et quels enjeux de fond révèle leur retour en force à partir du XIIe siècle ? Et, à la suite du Marc Bloch des Rois thaumaturges, quelle place faire à l'imaginaire dans le retour à l'histoire politique de l'anthropologie historique ?
L'imaginaire, un des grands acteurs de l'histoire.